Sermon du Vendredi

Sermon: Les œuvres sans conscience sont improductives

02. Juli 2021
Tasbih Grün Schwarz

Chers frères !

En tant que musulmans notre objectif est clair. Chaque croyant espère pouvoir entrer au Paradis avec ses proches en gagnant la satisfaction de son Seigneur. Notre Seigneur, par Sa miséricorde et Sa sagesse infinies, ne nous a pas laissé sans nous informer du chemin à suivre pour atteindre notre objectif. Au contraire, il a clairement énoncé la ligne de conduite qui doit être la notre en révélant le Coran et en envoyant le Prophète (sas) comme exemple. Le chemin qui mène au Paradis passe sans aucun doute par une foi authentique et l’accomplissement de bonnes œuvres. Les bonnes œuvres comprennent non seulement les adorations que nous vouons à Allah mais aussi nos relations avec les autres. Ces bonnes œuvres reposent sur la sincérité et la conscience de celui qui les accomplit. Sans conscience, nos adorations et nos œuvres demeurent improductives et ne peuvent pas nous rapprocher de notre objectif.

Chers musulmans !

Allah nous expose le récit des deux fils d’Adam (as), Hâbil et Qâbil (Abel et Caïn en français), dans le verset suivant : « Et raconte-leur en toute vérité l’histoire des deux fils d’Adam. Les deux offrirent des sacrifices; celui de l’un fut accepté et celui de l’autre ne le fut pas. » [1].

Après qu’Allah Tout-Puissant leur eut ordonné à tous les deux de donner de leurs biens en sacrifice, Hâbil,  le berger, sacrifia le meilleur et le plus aimé de ses agneaux. Qâbîl était, quant à lui, un agriculteur mais n’ayant pas une réelle conscience que l’ordre venait d’Allah le Tout-Puissant, il se contenta de donner en offrande ses plus mauvaises herbes.[2] Notre Seigneur, prenant en compte l’honnêteté et la conscience d’Hâbil (as) accepta son sacrifice. Quant au sacrifice de Qâbîl, qui avait agi sans conscience de son acte et à contrecœur, il ne fut pas accepté. Le verset continue ainsi l’histoire de Hâbîl et Qâbîl : « Celui-ci dit: « Je te tuerai sûrement ». « Allah n’accepte, dit l’autre, que de la part des pieux ». »1.

Ainsi, la piété, qui représente le fait d’avoir conscience de l’existence d’Allah et d’être sous Son observation, est un ingrédient indispensable dans l’accomplissement de nos œuvres. Sans elle, nos actions ne pourront pas nous faire atteindre notre objectif.

Chers croyants !

Malheureusement, bien que la prière soit l’une de nos principales responsabilités, beaucoup d’entre nous ne prient pas de manière continue. Et parmi ceux qui font la prière, le nombre de ceux qui font leur prière avec dévotion et concentration est très faible. La plupart d’entre nous, ne cherche pas à apprendre la signification des sourates ou des invocations qu’ils lisent pendant la prière. Il est pourtant essentiel d’avoir conscience de ce que nous récitons lors de la prière. En travaillant sur ce point, nous pourrions prier plus consciencieusement. Notre Seigneur nous explique l’une des sagesses de la prière dans le verset suivant : « Récite ce qui t’est révélé du Livre et accomplis la Salat. En vérité la Salat préserve de la turpitude et du blâmable. »[3]

Ibn Mas’oud (ra), l’un des imams des compagnons, dit à ce propos : « Si la prière n’entraîne pas celui qui la fait vers le bien et ne le préserve pas du mal, elle l’éloignera alors de la miséricorde d’Allah. ».[4] Ainsi est le résultat de l’acte sans conscience : fardeau dans ce monde, compte à rendre dans l’au-delà.

Mes chers frères !

La prière n’est qu’un exemple. En effet, nous avons besoin de conscience dans chacune de nos œuvres. Cela inclut nos jeûnes, nos aumônes, nos sacrifices, nos pèlerinages, nos lectures, notre djihad et nos invocations. En ce qui concerne l’invocation, le Messager de Dieu dit : « Faites des invocations à Allah en croyant qu’elles seront acceptées. Sachez qu’Allah n’accepte pas les invocations faites avec un cœur insouciant. »[5]. C’est probablement lors de nos invocations et de notre dhikr que notre manque de conscience est le plus criant.

Tout à l’heure -si Allah le nous permet-, nous allons prier, puis nous allons faire notre dhikr et nos invocations. Imaginons qu’Allah (swt) nous surveille pendant que nous accomplissons ces adorations afin de gagner Sa satisfaction et de faire gagner en conscience nos actions futures. Puissent ces efforts représenter pour nous le début d’une vie pleine de bonté.

[1] Sourate Al-Maidah (La Table Servie), 5:27
[2] Tefsîr-İ Taberî, Exégèse du verset 5:27
[3] Sourate Al-Ankabut (L’araignée), 29:45
[4] Tefsîr-İ Taberî, Exégèse du verset 29:45
[5] Tirmizi, Da‘awât, 65

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